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L’hydrologie du colon : Se vider le ventre et la tête

Romaine Jean

L’air du temps est au détachement, au jeûne, loin du stress, de la pollution, de la surconsommation de nourriture, d’alcool ou de médicaments. Parmi les thérapies douces proposées pour faire le vide, l’une d’entre elle fait de plus en plus d’adeptes : l’hydrologie du colon. Mesure d’hygiène et de prévention, l’irrigation du gros intestin est une version moderne du lavement, connu en tout temps et tous lieux, de l’Egypte ancienne à l’Europe de Molière.

La naturopathe et nutritionniste Marie-Anne Geiser pratique la thérapie depuis 15 ans et le défend avec ardeur, contre ceux qui estiment que « cela n’a pas de validité scientifique ».

L’hydrologie du côlon permet d’évacuer dans tous les sens du terme, physiquement mais aussi émotionnellement.

Il suffit de dire que l’encombrement des intestins draine de mauvaises bactéries, qui peuvent être pathogènes, et vous aurez compris l’intérêt de la méthode, s’exclame d’entrée Marie-Anne Geiser. « L’importance de l’intestin est aujourd’hui enfin reconnue. C’est un organe dont il faut prendre soin, notre deuxième cerveau, qui module aussi notre état psychique et mental. L’hydrologie du colon permet d’évacuer dans tous les sens du terme, physiquement et émotionnellement ».

La séance

A la clinique naturelle de Genève, la séance d’hydrologie du colon commence par un bilan de santé, d’une demi-heure. Il faut s’y préparer, notamment en mangeant léger, dans les deux jours qui précèdent.

Etes-vous sous traitement médical ? Avez-vous subi des interventions viscérales ? Comment ça se passe sur le plan digestif ? Etes-vous de nature anxieuse ? l’anamnèse est poussée. « Il m’arrive de refuser le soin ou de consulter le médecin traitant, dit Marie-Anne Geiser, qui a effectué une formation de plusieurs cycles, à Paris. « Je pourrais parler de ce traitement pendant des heures », dit-elle avec passion. « Nous ne pratiquons pas l’hydrologie du côlon sur les femmes enceintes, les personnes qui souffrent d’un cancer du côlon ou qui ont eu une intervention de chirurgie viscérale récente ».

Nos patients peuvent souffrir de lourdeurs digestives, de fatigues chroniques ou avoir besoin de se vider après un deuil, un burn out.

Souvent les patients viennent à la clinique pour soigner des lourdeurs, des fatigues chroniques, pour se vider après un deuil, un burn out ou plus simplement pour prendre soin d’eux-mêmes. De nombreux médecins et naturopathes le disent : la santé de l’organisme est étroitement liée à la qualité de son système d’élimination des toxines et des déchets.

Eau et massages

Pour administrer le soin, la praticienne place le patient sur le côté et introduit délicatement une canule stérilisée à usage unique, dans son rectum. De l’eau, à température du corps, est envoyée vers le côlon, avec un débit très doux. Puis elle effectue un massage abdominal pour décoller les déchets, qui sont évacués via un autre tuyau. L’opération est renouvelée plusieurs fois et la séance dure environ trois quarts d’heure. « Souvent à la fin de la séance, on me dit Merci, je me sens mieux, dégagé ! dit Marie-Anne Geiser. Je ne suis pas intéressée à pratiquer le soin pour embellir la peau ou faire maigrir. Je fais un travail en profondeur, relance l’activité de tous les organes et donne des conseils en nutrition ».

Dans la littérature médicale, certains gastro-entérologues rappellent que la muqueuse anale et intestinale est très sensible et qu’il faut de l’expérience et une bonne formation pour pratiquer la thérapie. « Tant mieux, nous dit Mme Geiser. Cela nous pousse à nous former avec sérieux et à gagner en crédibilité vis-à-vis du corps médical ».
Les assurances complémentaires prennent en charge la séance, qui coûte de 250.- la première fois, puis 200.-. La fréquence dépend des besoins de chacun : j’ai des patients qui depuis 15ans, viennent, une fois par année. Les assurances exigent cependant que la praticienne soit reconnue par le médecin cantonal et qu’elle ait toutes les formations voulues. Une association des hydrothérapeutes est en train de se créer en France.

Il y a de bonnes bactéries que l’on fait disparaître dans la bouche, en la nettoyant mais elle se renouvellent. En revanche, on élimine les maladies inflammatoires et infectieuses. C’est pareil pour le côlon.

Un autre reproche que l’on fait à l’hydrologie du côlon est celui de faire disparaitre, en même temps que les mauvaises bactéries, les bons agents du colon. « Je compare ce soin à celui de l’hygiène buccale », dit Marie-Anne Geiser, habituée à cette remarque. « Il y a de bonnes bactéries que l’on fait disparaître dans la bouche, en la nettoyant mais elle se renouvellent. En revanche, on élimine les maladies inflammatoires et infectieuses. C’est pareil pour le côlon ».


Références :

Photos: idd