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Psychothérapie assistée par psychédélique pour traiter la détresse existentielle de fin de vie

von Redaktion Millefolia

Diane Louise Lassonde

Depuis dix ans, la recherche sur les bénéfices des substances psychédéliques en médecine s’est considérablement développée. En Suisse alémanique, 17 patients avec des maladies incurables et souffrants de symptomatologie anxio-dépressive ont déjà bénéficié d’un tel traitement. A Genève, ce sujet fait actuellement l’objet d’une thèse par le Dr. Michael Ljuslin.  Millefolia l’a interviewé.

Pourquoi ce regain d’intérêt pour les substances psychédéliques ?
Dr. Michael Ljuslin : Les maladies chroniques et la fin de vie augmentent considérablement les problèmes psychiques. Les psychotropes psychédéliques sont des substances utilisées depuis les débuts de l’humanité. Les chercheurs pensent qu’elles peuvent avoir des effets bénéfiques sur plusieurs pathologies, notamment les dépressions, les troubles anxieux, les addictions et le stress post-traumatique. Elles ne présentent pas de risque d’accoutumance ; de plus utilisées dans un contexte médical, elles présentent un très bon profil de risques-bénéfices.

Quelles substances psychédéliques sont utilisées en médecine ?
Les études et les traitements réalisés dans les pays pionniers – USA, Canada, Australie, Israël, France et Suisse – ont porté sur la psilocybine, l’acide lysergique diéthylamide et la  3,4-Methyl​enedioxy​methamphetamine, soit respectivement la substance active des champignons psychédéliques, le LSD et l’ « ecstasy ». Le terme psychedelic a été forgé en 1956 par le psychiatre britannique Humphry Osmond pour qualifier les effets psychiques de la mescaline et du LSD, deux substances psychotropes étudiées à l’hôpital psychiatrique de Weyburn (Canada), dans les années 1950 et 60.

En quoi est-ce une nouvelle approche thérapeutique ?
Comme médecin notre but est de soulager la douleur. Or dans la maladie chronique, et surtout dans la perspective d’une mort prochaine, le corps n’est pas le seul enjeu. La cible ici est la souffrance psychique, la détresse existentielle,  l’état de chaos dans lequel la maladie plonge une personne.

Notre rôle consiste à trouver les outils pour les aider à se réunifier, se réconcilier avec eux-mêmes et éventuellement trouver une certaine sérénité malgré la situation.

Dans ces situations extrêmes, certains patients se révoltent, d’autres s’effondrent. Notre rôle consiste à trouver les outils pour les aider à se réunifier, se réconcilier avec eux-mêmes et éventuellement trouver une certaine sérénité malgré la situation.

Pourquoi l’alliance avec la psychothérapie ?
Cela permet une prise en charge globale de la personne. Donner du sens à sa vie et intégrer le vécu émotionnel est une demande que nous devons entendre. La psychothérapie assistée par psychédélique permet de transcender le seul aspect somatique et d’atteindre la dimension sensible et spirituelle de la personne.

Comment se passe le traitement  ?
Contrairement à un médicament palliatif que le patient doit prendre tous les jours, ce traitement se fait une seule fois, dans le cadre d’un processus qui dure plusieurs semaines avec, comme moment clé, la prise de la substance psychédélique en présence de deux thérapeutes qui agissent comme accompagnateurs.

Le patient rencontre les thérapeutes  à plusieurs reprises pour verbaliser son vécu, échanger sur son expérience et intégrer les apprentissages dans sa vie.

Avant la prise, pendant la prise et dans les jours et les semaines qui suivent, le patient rencontre les thérapeutes  à plusieurs reprises pour verbaliser son vécu, échanger sur son expérience et intégrer les apprentissages dans sa vie.

Comment cette substance agit-elle ?
La prise d’une substance psychédélique entraîne une modification de la conscience.  La personne expérimente un état de conscience non ordinaire qui va assouplir, ouvrir son cadre mental à d’autres perspectives. Le fonctionnement mental devient parfois figé, et cela d’autant plus quand une maladie évolutive impose des restrictions . C’est un peu comme si une personne qui n’avait écouté qu’une seule station de radio pendant toute sa vie avait désormais accès à d’autres types de musique. Changer de perspective permet de découvrir d’autres potentialités, d’envisager la vie autrement en mobilisant ses ressources intérieures d’adaptation. C’est par ce processus que le patient peut trouver ce qui fait sens pour lui, dans cette phase de son existence. En se connectant à son essence le patient peut arrive à trouver « sa » solution.

Quel bilan peut-on tirer à ce jour ?
Les résultats des études cliniques sont très encourageants. Les états dépressifs et anxieux diminuent significativement. Chose remarquable, les études indiquent que les bénéfices avec une prise unique de substance sont supérieurs à ceux des médicaments actuels ; de manière encore plus surprenante, ils se maintiennent à travers le temps.

Les résultats des études cliniques sont très encourageants.

Il semble que l’on est en train de changer de paradigme en psychiatrie, passant de pharmacothérapies palliatives de substitution à des thérapies à visées transformationnelles.

Ce traitement s’adresse-t-il à tous les patients ?
Non, certains profils sont exclus : les patients avec des antécédents psychiatriques, comme par exemple un épisode de psychose. Pour les autres, l’encadrement médical permet de réaliser ce traitement en toute sécurité quelle que soit la problématique médicale ou psychique.

Y a-t-il des obstacles à son développement ?
Plusieurs malheureusement. De nombreux préjugés considèrent ces substances comme dangereuses et addictives, ce qui n’est pas le cas. L’alcool et le tabac le sont bien davantage.  La législation est en très retard sur la recherche de sorte qu’elles sont classées de manière non scientifique. Il est certain que ce type de traitement bouscule les paradigmes médicaux et font concurrence aux anti-dépresseurs, un important marché pour les entreprises pharmaceutiques.

Comment lever ces obstacles ?
Il faut informer et poursuivre la recherche clinique. Travailler avec les standards de notre médecine scientifique n’est pas incompatible avec le souci d’agir sur la dimension sensible et existentielle du vécu de nos patients.

Dr Michael Ljuslin

Michael Ljuslin est chef de clinique en soins palliatifs aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Il est également praticien en hypnose, et promeut une médecine intégrative, participative basée sur la promotion de la résilience et la salutogénèse. Il est évaluateur indépendant pour la Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies (MAPS) qui explore l’utilisation médicale des psychédéliques. Il milite pour une médecine qui ne capitalise pas sur la maladie mais capacite l’individu dans sa maladie.

Pour en savoir plus

Photos: unsplash, idd

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